Une pastorale pour la vie

André Fossion s.j.

Centre Lumen Vitae, Bruxelles

 

 

Dans cet exposé, je voudrais considérer la situation et l'avenir de la foi chrétienne dans notre société en constante transformation.

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1. UN TEMPS DE MUTATION : LA CRISE COMME ESPACE DE RUPTURE ET D'ENGENDREMENT

1.1. Un temps de fracture : la crise de la transmission

  • La première étape est la sécularisation de la société. Cette sécularisation de la société a été engagée, de manière décisive, dès la fin du XVIIIe siècle avec la révolution démocratique, l'affirmation des droits de l'homme, le développement des sciences et l'autonomie de la raison philosophique. Pour autant, la religion ne disparaît pas, mais est renvoyée au libre assentiment de l'individu dans un univers devenu pluraliste.
  • Mais on assiste aujourd'hui à une deuxième phase de la sécularisation : non plus seulement la sécularisation de la vie publique, mais la sécularisation de la vie privée elle-même. Ce sont les individus eux-mêmes qui, aujourd'hui, s'éloignent des formes héritées du christianisme parce qu'elles ne croisent plus leurs aspirations, parce qu'elles ne font plus sens ou sont devenues largement illisibles.

1.2. Un temps d'engendrement. Le christianisme qui  vient.

Mais c'est surtout le monde contemporain qui, dans la crise de la culture qu'il traverse, recèle des ressources prometteuses. Face au défi de la planète, on voit s'affirmer un besoin de spiritualité, un appel aux valeurs, un affinement de la conscience éthique en même temps qu'une recherche de sens. Un nouvel équilibre se cherche entre les religions et la laïcité

Pour ce temps de fracture et de reconstruction, il nous faut une pastorale qui n'a pas pour but de « sauver les meubles », mais une pastorale que nous appellerons d'engendrement : une pastorale qui se met au service de ce qui est en train de naître.

 

2. POUR UNE PASTORALE D'ENGENDREMENT

On peut distinguer schématiquement deux types de pastorale :

* Une pastorale d'encadrement qui se déroule sous le paradigme de la maîtrise, avec un imaginaire d'entreprise, où l'on cherche finalement, à partir de ses propres projets et propres forces, à configurer l'Eglise et le monde à ce qu'on voudrait qu'ils soient.

* Une pastorale d'engendrement qui, à l'écoute des aspirations présentes, se met au service, avec compétence et discernement, de ce qui est en train de naître, en acceptant de ce fait, une certaine déprise et démaîtrise.

2.1. « Reboiser la forêt après la tempête » : une parabole pour notre temps.

Pour comprendre l'esprit de cette pastorale d'engendrement, je voudrais m'inspirer d'un fait réel, dans un tout autre domaine, mais qui, analogiquement, peut être instructif pour notre propos.

Le 26 décembre 1999, un ouragan appelé « Lothar »  a déferlé sur l'Europe, particulièrement dans l'Est de la France, avec des vents de plus de 150 km à l'heure. On estime que 300 millions d'arbres ont été abattus sur le territoire français. L'ouragan a laissé derrière lui un spectacle de désolation. On a dénombré une soixantaine de morts et un certain nombre de suicides de forestiers ou de propriétaires qui n'ont pu supporter l'ampleur de la catastrophe. « Une cathédrale écroulée, ce n'est pas grave, dit un forestier, on peut la reconstruire. Un chêne de 300 ou 400 ans, on ne peut pas ».

Après la catastrophe, des bureaux d'études ont vite élaboré des programmes de reboisement, des projets de réimplantation, des plans d'ensemencement. Il s'agissait de profiter de la catastrophe pour reconstruire la forêt selon l'image idéale que l'on pouvait s'en faire.

Mais une fois qu'il s'est agi de mettre en œuvre ces plans de reboisement, les ingénieurs forestiers ont constaté que la forêt les avait devancés. Ils ont constaté une régénération plus rapide que prévue qui venait contrarier les plans de reboisement en manifestant des configurations nouvelles plus avantageuses auxquelles les bureaux d'études n'avaient pas pensé. La régénération naturelle de la forêt manifestait, à bien des égards, une meilleure bio-diversité et un meilleur équilibre écologique entre les épicéas et les feuillus. Des espèces qui avaient été étouffées par la forêt ancienne pouvaient renaître. La catastrophe s'avérait aussi utile pour la renaissance ou l'expansion de certaines espèces animales.

D'une politique volontariste de reconstruction de la forêt selon leurs plans, les ingénieurs forestiers sont passés à une politique plus souple d'accompagnement de la régénération naturelle de la forêt en discernant et en saisissant les possibilités nouvelles et avantageuses qu'offrait cette régénération naturelle. Il ne s'agissait pas de renoncer à toute intervention, mais, plutôt, avec davantage de compétence,  d'accompagner, de manière active et vigilante, un processus de régénération naturelle. Voici ce que dit un ingénieur forestier sur cette attitude d'accompagnement : « De jeunes semis d'arbres d'espèces très variées ont poussé. Notre travail a été, alors, de les dégager délicatement, de les accompagner, d'accueillir la vie de la nature plutôt que de croire qu'elle avait disparu, plutôt que de la réimplanter artificiellement. Cela a été un encouragement pour nous. Dans cette logique, nous avons décidé que dans les forêts de l'Etat et des communes, nous laisserions les traces de la tempête lorsqu'il n'était pas nécessaire de les faire disparaître pour la sécurité ou les conditions de travail des ouvriers forestiers. Nous avons donc laissé des souches renversées, des trous, des troncs cassés ou des tas de branches. Trois ans après, j'ai pu constater dans des forêts que ces « anomalies » avaient permis l'installation de plantes ou d'animaux qui n'étaient pas présents dans la forêt « normale » d'avant. »

Procédons à un exercice de transfert. L'Eglise a connu elle aussi, particulièrement depuis une quarantaine d'années  un ouragan. Le paysage religieux, du moins dans ses expressions traditionnelles, est dévasté. Bien sûr, comparaison n'est pas raison : l'humanité n'est pas une forêt et les êtres humains ne sont pas des plantes. Mais ce qui nous intéresse, analogiquement, pour notre propos, c'est le changement d'attitude des forestiers : leur passage d'une politique volontariste de reconstruction de la forêt à une politique d'accompagnement, active et lucide, d'une régénération en cours. N'y aurait-il pas aussi à opérer ce même passage en pastorale : passage d'une pastorale d'encadrement à une pastorale d'engendrement ?

2.2. Une pastorale d'encadrement sous le paradigme de la maîtrise.

Selon cette pastorale – correspondant à la première attitude des forestiers – il s'agit, après la crise, d'annoncer l'Evangile et de reconstruire selon nos plans, comme si tout dépendait de nous. On entre alors en pastorale avec un imaginaire d'entreprise et d'emprise sur les choses conformément à nos planifications.

2.3. Pastorale d'engendrement : l'accompagnement de ce qui naît.

Cette pastorale correspond à la deuxième attitude des forestiers : elle consiste à accompagner, activement, avec discernement et compétence, une régénération dont nous ne sommes pas les maîtres. Il s'agit de saisir les opportunités nouvelles qui s'offrent sans que nous les ayons programmées. Il s'agit dans cette pastorale de reconnaître aussi que la « catastrophe » n'est pas une catastrophe pour tout le monde, que beaucoup ne voudraient pas revenir à la forêt ancienne et que le présent est porteur d'une meilleure bio-diversité ecclésiale en croissance. Une pastorale d'engendrement est une pastorale qui accepte la fin de certaines expressions de la foi qui ont eu leur temps et leurs lettres de noblesse mais qui sont aussi appelées à s'effacer pour laisser place à d'autres expressions. Se mettre au service de ce qui naît, c'est discerner les aspirations, peser les choses, prendre le temps de la concertation, délibérer, c'est-à-dire prendre des décisions qui libèrent, qui autorisent, qui rendent auteurs. C'est accueillir et lancer des projets, en donnant sa chance à l'inédit, en comptant sur les facteurs que nous ne maîtrisons pas, en faisant confiance à des forces qui ne sont pas les nôtres.

En fait, dans une pastorale d'engendrement, on accepte ce qui est la condition de toute naissance :

  • premièrement, nous ne sommes pas à l'origine de la vie et de la croissance,
  • deuxièmement on engendre toujours autre chose que soi-même. Ce qui naît est toujours différent de soi. La transmission de la foi, de ce point de vue, n'est pas de l'ordre de la reproduction ou du clonage. Elle est toujours de l'ordre de l'avènement.

Dans cette pastorale, on part du principe que l'être humain est « capable de Dieu ». Nous n'avons pas à produire en lui cette capacité. Nous n'avons pas non plus le pouvoir de communiquer la foi. Mais notre devoir est de veiller aux conditions qui la rendent possible, compréhensible, praticable et désirable. La pastorale travaille sur les conditions. Le reste est affaire de grâce et de liberté.

Ce que je viens de dire de la pastorale d'engendrement rejoint profondément l'Evangile. Tout ce que nous pouvons faire, c'est semer. L'évangile parle de la mission comme de semailles. « Le semeur est sorti pour semer, qu'il veille ou qu'il dorme, la semence pousse et il ne sait comment. » (Mc 4,26-27). De ce point de vue, la pastorale se présente comme une alchimie subtile entre les actions à mener et la nécessaire « retenue » pour laisser advenir ce qui doit naître.

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3. QUELQUES ATTITUDES SPIRITUELLES DISPOSANT A UNE PASTORALE D'ENGENDREMENT

3.1. Demeurer assidûment destinataires de l'Evangile.

Lorsque nous annonçons l'Evangile, nous risquons, sans nous en rendre compte, d'oublier d'en rester les premiers destinataires.

Tout se passe alors comme si, nous étant appropriés adéquatement l'Evangile, il nous restait à le transmettre aux autres. C'est un peu comme si nous n'avions plus rien à entendre et à  recevoir de l'Evangile, mais que, passés « maîtres » dans l'art de comprendre et de vivre l'Evangile, il nous restait simplement à en être pour autrui les destinateurs.

3.2. Entendre une parole qui invite à se déplacer là où est le Christ ressuscité  se trouve :  «  Il n'est pas ici. Il vous précède en Galilée, c'est là que vous le verrez ». Mc 16,7.

Or, que nous dit l'Evangile au matin de Pâques ? « Il n'est pas ici. Il vous précède en Galilée, c'est là que vous le verrez ». Cette annonce angélique déloge constamment l'évangélisateur. Il y a là un renversement de perspective radical. Nous n'avons pas le Christ avec nous comme un objet tenu, détenu, maîtrisé qu'il nous faudrait transmettre à d'autres qui ne l'auraient pas. Le Christ n'est pas un objet possédé que l'on peut tenir « ici ». Il nous faut, pour le rejoindre, sortir de chez soi, quitter son lieu et aller dans le lieu de l'autre – la Galilée des nations – où il nous précède.

On est toujours précédé par l'Esprit du Christ là où on arrive. Nous n'apportons pas aux autres ce qu'ils n'ont pas, mais nous les rejoignons sur leur route pour découvrir avec eux les traces du Christ ressuscité déjà là. La foi est une démarche de reconnaissance de ce qui est déjà donné secrètement.

Aussi bien avons-nous à nous porter vers l'autre non point pour le gagner à notre cause, non point pour lui apporter ce qu'il n'a pas, mais pour reconnaître avec lui, dans sa vie, la présence du Ressuscité d'une manière qui peut nous-mêmes nous surprendre. Ainsi avons-nous à recevoir de ceux que nous évangélisons le témoignage de l'œuvre de Dieu déjà en eux.

3.3. Se risquer à l'accueil dans le lieu  de l'autre. Se faire accueillir autant qu'accueillir.

La tâche d'évangélisation est souvent énoncée en termes d'exigence d'accueil. « Nos communautés chrétiennes, dit-on, doivent être accueillantes ». Bien entendu. Mais n'y a-t-il pas dans cette invitation à être accueillant envers les autres une position de supériorité à leur endroit? En effet, lorsque nous multiplions les signes d'accueil, ne sommes-nous pas en train de leur dire implicitement : « Venez trouver chez nous ce que vous n'avez pas chez vous » ? Ainsi, dans le jeu de la communication, celui qui accueille se met-il subrepticement en position haute tandis que celui qui est accueilli est renvoyé à une position basse.

Pour en sortir, n'y aurait-il pas, conformément à l'Evangile, à inverser la logique : non point tellement chercher à accueillir l'autre chez soi qu'à se risquer à l'accueil chez lui, en faisant foi en ses propres capacités d'accueil ?

L'Evangile parle d'hospitalité quémandée. L'Evangile, en effet, ne nous dit pas : « Soyez accueillants ». Il nous invite plutôt à nous déplacer vers l'autre pour en recevoir l'hospitalité. « Zachée, il me faut demeurer chez toi aujourd'hui » (Lc 19,5).  « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, demeurez-y jusqu'à votre départ » (Mc 6,10). « Qui vous accueille, m'accueille »(Mt 10,40).« Je me tiens à la  porte et je frappe. Si quelqu'un entend, j'entrerai et je prendrai le repas avec lui et lui avec moi. ». (Ap. 3,20)

3.4. Humaniser, fraterniser comme une fin en soi. Situer la foi comme un surcroît désirable dans le champ de la fraternité.

En se risquant dans l'accueil par l'autre, on pourra s'efforcer de se lier avec lui, de nouer des liens de solidarité dans une œuvre commune d'humanisation. « Les joies et peines, les espoirs et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout,  sont aussi les joie et les peines, les espoirs et les angoisses des disciples du Christ. Il n'est rien d'humain qui ne fasse écho dans leur cœur ». Tout commence dans l'Evangile par un travail d'humanisation : il s'agit de faire advenir l'humain, de sortir de la violence et de nouer des liens de  fraternité.  Cette humanisation / fraternité est une fin en soi. Mais de surcroît, cette humanisation / fraternisation constitue le terreau favorable à l'annonce évangélique, dans un climat de fraternité précisément, en dehors de toute volonté de puissance sur l'autre. Et cette annonce évangélique elle-même est une fin en soi, indépendamment de la réponse.

3.5. . Mettre « en travail » les images, les représentations de Dieu.

En chemin, dans cette double prédication, on rencontrera sans doute des oppositions qui viennent de certaines images de Dieu qui bloquent la foi, provoquent le rejet ou la font vivre de manière servile. De là, dans la brèche, en chemin, tout en dialoguant, faut-il autant que possible, y compris en nous-mêmes, lever les obstacles que représentent les images de Dieu qui ne sont pas libérantes pour l'homme.

La pastorale d'engendrement requiert un patient travail des représentations qui honorent Dieu autant que l'homme. Car les deux vont de pair : un dieu qui fausse l'homme est un faux dieu. C'est dans l'excellence de l'humain que la vérité de Dieu se manifeste.

3.6. Nourrir la mémoire, animer le débat, favoriser la liberté d'appropriation.

Mais il ne suffit pas de nourrir la mémoire, il faut encore, animer le débat autour d'elle. L'enjeu ici, dans le débat, est de faire valoir la tradition, non pas comme un bloc qui s'impose, mais comme une ressource qui est là, qui « donne à penser » et à vivre. « Donner à penser », l'expression paraît heureuse, car elle allie, à la fois, l'aspect de légèreté de la foi qui ne s'impose pas et ne pèse pas, mais aussi l'aspect de gravité pour les enjeux humains en cause. Un devoir d'intelligence s'impose ici.

Et enfin, la troisième, après le débat, consiste à favoriser la liberté d'appropriation par les sujets de la tradition chrétienne. Telle est la condition de toute transmission : elle est soumise à la libre appropriation des individus qui y puisent en y mettant du leur. Chacun en fera ce qu'il voudra. Nous ne pouvons, à cet égard, ni préjuger des fruits ni du temps de maturation. Ce qui viendra ne sera peut-être pas la foi chrétienne. Pour les uns, ce ferment de la tradition chrétienne – cette « part séminale de notre culture »  selon les termes de Marcel Gauchet – portera des fruits de culture, en les aidant à se situer dans une histoire, à la penser et à la vivre. D'autres en tireront une inspiration éthique. Mais d'autres encore se frayeront un chemin de foi au sein de la communauté chrétienne. Proposer de la sorte le christianisme comme semence, y compris dans l'espace public, ce n'est ni imposer d'autorité une vérité, ni normaliser les consciences, mais véritablement permettre à chacun et à chacune de mieux exercer sa liberté de citoyen ou de citoyenne face à ce qu'il énonce pour se l'approprier ou non, s'en inspirer ou non pour son propre devenir comme pour son action dans la société.

3.7. Saisir les résistances comme des chances

Annoncer l'Evangile ne va jamais sans rencontrer des résistances. On peut s'en désoler, incriminer, vouloir forcer la porte. Mais on peut aussi saisir  les résistances comme des chances pour un travail d'inculturation de la foi. Les inculturations de la foi  réussies sont des expressions, des manières de penser, de célébrer et de vivre la foi qui ont été inventées ou renouvelées à cause des résistances rencontrées. Par exemple, la messe en rite zaïrois vient d'une résistance des populations locales aux formes de la liturgie romaine classique.

3.8. Faire la différence entre « croire avec » et « croire comme ».

Nous risquons toujours comme pasteurs de vouloir que l'autre croie « comme nous » ; la transmission de la foi se situe alors dans l'horizon d'une reproduction ou d'une imitation de ce que nous mêmes nous vivons. Mais, le risque, alors, c'est d'encombrer l'accès à la foi par nos propres étroitesses en imposant le chemin et leur manière d'habiter la foi. C'était déjà la tentation des juifs convertis au christianisme qui voulaient imposer aux païens devenus chrétiens leurs propres traditions et coutumes.

Dans un temps de mutation comme le nôtre, il faut laisser le champ à l'émergence d'une « bio-diversité ecclésiale » qui fait droit aux aspirations et à la singularité des personnes et faciliter ainsi la grâce de devenir chrétien. La transmission de la foi n'est jamais de l'ordre du clonage, elle implique toujours une appropriation inventive. D'où, la diversité mais aussi l'unité.

Pour comprendre ce rapport unité et diversité, on peut prendre la comparaison du visage humain. Celui-ci est repérable par une forme commune et pourtant, un visage humain peut-être extrêmement divers.

3.9.  Demander et recevoir de l'aide. Compter sur des facteurs que l'on ne maîtrise pas.

Souvent, l'évangélisation est conçue à partir de nos propres forces et richesses.  Mais pourquoi faudrait-il que l'évangélisation se produise quand on est fort et non lorsqu'on est faible. Que faire, dans un temps de mutation comme le nôtre, où l'on est pris dans un bouleversement qui nous échappe et que nous manquons de force ?

Dans de telles situations, comme aujourd'hui, l'essentiel est d'apporter le peu que l'on a, d'oser demander l'aide des autres et de compter sur des facteurs que l'on ne maîtrise pas.

Et même, sans avoir rien demandé, il nous faut aussi, dans notre tâche d'évangélisation, compter sur des facteurs que nous ne contrôlons pas, sur des alliés inattendus. Ces alliés inattendus peuvent être des personnes, des événements, des théories, des aspirations culturelles nouvelles :

Dans cet esprit de confiance et de démaîtrise, sans doute nous faut-il entendre les paroles que Gamaliel adressa au Sanhédrin à propos de la mission des disciples de Jésus : « Si leur entreprise ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d'elle-même, mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire » (Actes 5, 38-39)

 

Nanterre, le 19 septembre 2006